La réponse est nuancée : pas simplement parce qu’il fait très chaud.
La Cour du travail de Bruxelles a en effet récemment confirmé qu’un droit de retrait existe, mais dans des conditions strictes.
Le travailleur doit être confronté à une situation objective de danger :
✅ grave ;
✅ immédiat ;
✅ qui ne peut pas être évité.
Ce n’est donc pas une appréciation purement subjective (« j’ai trop chaud », « je crains la journée annoncée »). Le danger doit menacer la vie ou la santé. Il peut toutefois être apprécié en tenant compte de la situation propre du travailleur (par exemple, une vulnérabilité médicale particulière).
Autre point important : le danger doit être inévitable. Cela signifie que l’on tient compte des mesures prises par l’employeur. Or, en cas de fortes chaleurs, l’employeur doit précisément analyser le risque et prendre des mesures adaptées : boissons rafraîchissantes gratuites, protections contre le rayonnement solaire, ventilation, adaptation du rythme ou de l’horaire, alternance travail/repos, etc.
Les seuils ne se mesurent d’ailleurs pas avec un simple thermomètre classique, mais avec 𝘭’𝘪𝘯𝘥𝘪𝘤𝘦 𝘞𝘉𝘎𝘛, qui tient compte notamment de l’humidité, du rayonnement et de la charge physique du travail. Les valeurs d’action sont de :
➡️ 29 WBGT pour un travail léger ou très léger ;
➡️ 26 WBGT pour un travail moyen ;
➡️ 22 WBGT pour un travail lourd ;
➡️ 18 WBGT pour un travail très lourd.
Donc, en pratique ?
Un travailleur ne peut pas, en principe, décider de rester chez lui uniquement parce qu’une journée de canicule est annoncée.
En revanche, si, concrètement, il arrive sur son lieu de travail et constate une situation de danger grave, immédiat et impossible à éviter – par exemple un travail physique lourd en plein soleil, sans eau, sans pauses, sans adaptation et avec dépassement des seuils pertinents – le droit de retrait pourrait être discuté.
La Cour précise d’ailleurs que le travailleur ne doit pas s’exposer au danger avant d’agir : s’il constate à son arrivée que le danger existe, il peut refuser de commencer le travail. Mais cela reste très différent d’un « droit général de ne pas venir travailler quand il fait chaud ».
👉 Le vrai sujet, pour l’employeur, est donc d’anticiper : mesurer, documenter, consulter le conseiller en prévention, adapter l’organisation du travail et communiquer clairement les mesures prises.
Sources :
– Cour du travail de Bruxelles du 19 février 2025, R.G. 2023/AB/461 : https://lnkd.in/eeiQ5GwR ;
– SPF Emploi, « Droits des travailleurs en cas de grandes chaleurs » : https://lnkd.in/evZac497
☀️ Fortes chaleurs : un travailleur peut-il invoquer un “droit de retrait” pour ne pas venir travailler ?
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