Précédemment : Julien est candidat non élu aux élections sociales. Pour le licencier pour motif grave, les Glaces Berger doivent d’abord passer par le tribunal. Les voilà devant le juge, pour tenter une conciliation.
Julien a gardé ses lunettes de soleil accrochées à son col. Le bronzage aussi est revenu de vacances.
— “Je me suis renseigné. Onze ans d’ancienneté. Et vu ce qu’il reste jusqu’aux prochaines élections sociales, si vous me licenciez mal, mon indemnité de protection approche les cinq ans de rémunération.”
Claire croise les bras.
— “Si vous espérez que l’entreprise va payer ça, Julien, vous rêvez en grand.”
Maître Schapira ne réagit pas. Il se tourne vers l’avocat de Julien.
— “Peut-on se parler deux minutes ?”
Les deux avocats sortent dans le couloir (c’est aussi à cela que sert un avocat : parler franchement à l’autre avocat, dans un cadre confidentiel garanti par leur déontologie).
Maître Schapira commence calmement.
— “Personne n’a encore gagné. Vous avez des arguments. Nous aussi. La photo, la cheville, le ski nautique… cela se plaide.”
— “Et la protection se plaide aussi”, répond l’avocat de Julien.
— “Justement. Si mon client gagne, Julien n’obtient rien. Zéro. Si mon client perd, le contrat continue. Julien doit reprendre le travail. Et avec quinze jours de commentaires à l’atelier, je ne suis pas certain que ce retour soit une promenade….”
L’avocat de Julien sourit malgré lui.
— “Je n’ai pas encore d’accord formel”, poursuit Maître Schapira. “Mais je pense pouvoir convaincre l’entreprise d’en terminer avec l’indemnité compensatoire de préavis qu’elle aurait due si Julien n’avait pas été protégé : trente-six semaines.”
Il ne dit pas tout. Il a déjà parlé avec Claire. L’entreprise pourrait monter jusqu’à un an. Mais en négociation, on ne jette pas toutes ses bouées à la mer dès la première vague….
— “En cas d’accord, il faudra une transaction solide, actée devant le juge” continue Maître Schapira. “Julien devra renoncer à son indemnité de protection liée aux élections sociales.”
L’avocat de Julien range son stylo.
— “Merci de faire un pas. Je dois voir avec mon client. Il est déterminé : soit on le reprend, soit c’est au prix fort.”
Il regarde vers la salle.
— “Mais je vais essayer de le raisonner. Personne n’a intérêt à rejouer l’été tous les matins à l’atelier.”
La porte s’ouvre.
Julien se redresse.
Claire cherche le regard de Maître Schapira.
À suivre : Julien saura-t-il être raisonnable ?
PAS DE VAGUES – ÉPISODE 6/8 : La négociation
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