PAS DE VAGUES – ÉPISODE 7/8 : L’accord


Précédemment : au tribunal, les avocats ont commencé à mesurer le risque. Pour l’entreprise, la photo de ski nautique est sérieuse. Pour Julien, la protection liée aux élections sociales vaut potentiellement très cher.

Maître Schapira reprend la parole.
— “L’entreprise pourrait accepter d’en terminer moyennant le paiement de l’indemnité compensatoire de préavis légale. Trente-six semaines.”

Julien bondit presque de sa chaise.
— “Trente-six semaines ? Alors que je suis protégé ?”

Son avocat pose une main sur son avant-bras.
— “Je dois vous parler.”

Ils sortent.

Dans la salle, Claire fixe la table. Elle n’aime pas négocier sous pression. Encore moins dans un bureau de juge, avec un travailleur bronzé, des lunettes de soleil posées devant lui et une photo de ski nautique dans le dossier.

Quelques minutes plus tard, Julien et son avocat reviennent. L’avocat ajuste ses lunettes.
— “Mon client peut faire un effort. Il serait disposé à transiger à deux ans de rémunération.”

Claire se redresse.
— “Deux ans ? Pour du ski nautique avec une cheville tordue ?”

Le juge lève légèrement la main.

Maître Schapira se tourne vers Claire.
— “Peut-on se parler ?”

Dans le couloir, Claire n’attend pas.
— “François, deux ans, c’est non. On ne va quand même pas récompenser ce comportement.”
— “Ce n’est pas le sujet”, lui répond François. “Le sujet, c’est le risque. On peut gagner. Le dossier est sérieux. Mais si on perd, Julien revient dans l’atelier. Avec son ancienneté, sa protection, la photo, les commentaires, Kevin, les collègues, et tout ce que chacun pensera avoir gagné ou perdu.
— “Mon conseil, poursuit Maître Schapira : une ultime contre-proposition. Un an de rémunération. C’est élevé, mais cela ferme le dossier.”

Claire inspire.
Puis acquiesce.
Ils rentrent.

— “L’entreprise formule une dernière proposition, dit Maître Schapira. Un an de rémunération. À prendre ou à laisser.”

Le juge regarde Julien.
— “C’est une proposition qui mérite d’être sérieusement examinée.”

L’avocat de Julien se penche vers son client.
— “Nous devons parler.”

Lorsqu’ils reviennent, l’avocat de Julien parle avant son client.
— “Nous pouvons en terminer là.”

Julien garde les bras croisés.
Mais il ne proteste plus.

Maître Schapira sort déjà son téléphone.
— Nous préparons immédiatement les projets de documents : lettre de licenciement, et convention de transaction.

Claire ferme les yeux une seconde. La vague ne s’est pas arrêtée. Mais elle vient peut-être de perdre sa force….

À suivre : le débrief.

À retenir

Négocier ne signifie pas reconnaître que l’on a tort. C’est parfois mesurer le risque, le coût, le climat social et la capacité réelle de continuer la relation de travail.

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